Économiser n’est pas réservé aux personnes qui gagnent un gros salaire. C’est surtout une question d’habitudes, de priorités et d’organisation.
On n’a pas besoin de transformer sa vie du jour au lendemain ni de couper tout ce qui procure du plaisir. Le but est plutôt de reprendre le contrôle sur son argent afin d’avoir davantage de choix : faire face à un imprévu, voyager, acheter une propriété, investir ou préparer sa retraite.
Voici une méthode simple et réaliste pour commencer.
Donnez un rôle à votre épargne
Épargner « juste pour épargner » peut devenir décourageant. Il est plus motivant d’associer votre argent à un objectif clair.
Par exemple :
- bâtir un fonds d’urgence de 3 000 $;
- rembourser une carte de crédit;
- financer un voyage;
- acheter une voiture;
- cotiser à son CELI;
- accumuler une mise de fonds;
- préparer sa retraite.
Un bon objectif contient trois éléments : un montant, une raison et une échéance.
Au lieu de dire : « Je veux économiser davantage », essayez ceci :
« Je veux mettre de côté 2 400 $ en 12 mois pour mon fonds d’urgence. »
Il ne reste alors qu’à faire le calcul : 2 400 $ divisés par 12 mois représentent 200 $ par mois.
Payez-vous en premier
La stratégie la plus efficace est souvent la plus simple : épargnez dès que votre paie entre dans votre compte.
Si vous attendez à la fin du mois pour placer ce qu’il reste, il ne restera généralement pas grand-chose. En revanche, un virement automatique transforme l’épargne en dépense prioritaire.
Vous pouvez programmer un transfert vers un compte d’épargne, un CELI ou un compte de placement le jour de votre paie.
Même un petit montant est utile. Commencer avec 25 $, 50 $ ou 100 $ par paie est mieux que d’attendre le moment idéal. Vous pourrez augmenter ce montant avec le temps.
Regardez où va réellement votre argent
On sous-estime souvent les petites dépenses répétées. Ce n’est pas nécessairement le café occasionnel qui empêche d’économiser, mais plutôt l’ensemble des dépenses qui passent inaperçues.
Prenez vos relevés bancaires et de carte de crédit des trois derniers mois. Classez vos dépenses dans quelques catégories simples :
- logement;
- alimentation;
- transport;
- dettes;
- abonnements;
- sorties et loisirs;
- achats divers;
- épargne et placements.
Vous n’avez pas besoin d’un budget parfait dès le départ. Le premier objectif est de repérer les habitudes qui coûtent plus cher que prévu.
Peut-être que vous payez encore pour une application que vous n’utilisez plus. Peut-être que les livraisons de repas représentent plusieurs centaines de dollars par mois. Peut-être aussi que vos dépenses sont déjà raisonnables et que la solution consiste surtout à augmenter votre revenu.
Le but n’est pas de vous juger. C’est de comprendre votre situation.
Faites un budget qui laisse de la place à la vraie vie
Un budget ne devrait pas être une punition. Il devrait vous aider à décider à l’avance où votre argent va aller.
La règle du 50-30-20 constitue un bon point de départ :
- 50 % pour les besoins : logement, nourriture, assurances, transport et factures;
- 30 % pour les envies : restaurants, voyages, loisirs, vêtements et divertissement;
- 20 % pour l’épargne et le remboursement des dettes.
Cette répartition n’est pas obligatoire. Dans une ville où les loyers sont élevés, les besoins peuvent dépasser 50 %. Pendant une période de remboursement intensif de dettes, la part consacrée aux objectifs financiers peut être plus grande.
L’important est de prévoir un montant pour le plaisir. Un budget trop strict tient rarement longtemps.
Réduisez les dépenses que vous ne remarquerez pas
Avant de couper ce que vous aimez réellement, commencez par les dépenses qui apportent peu de valeur.
Voici quelques pistes :
- annuler les abonnements inutilisés;
- comparer votre assurance auto et habitation;
- éviter les frais bancaires mensuels;
- vérifier les frais de votre carte de crédit;
- utiliser les programmes de fidélité pour les achats déjà prévus;
- préparer quelques repas à la maison chaque semaine;
- acheter certains produits en promotion ou en marque maison;
- attendre 24 heures avant un achat non essentiel;
- comparer les prix avant un renouvellement de contrat.
Une réduction de 30 $ par mois représente 360 $ par année. Placée et investie pendant plusieurs années, cette somme peut devenir beaucoup plus importante.
Faites attention aux dettes à intérêt élevé
Il est difficile de bâtir son épargne lorsque les intérêts d’une carte de crédit absorbent une partie importante du budget.
Une carte de crédit avec un solde élevé peut coûter près de 20 % d’intérêt par année. Dans bien des cas, rembourser cette dette procure un rendement garanti supérieur à celui que vous pourriez raisonnablement espérer d’un placement.
Commencez par payer le minimum sur toutes vos dettes, puis concentrez votre argent supplémentaire sur celle qui porte le taux d’intérêt le plus élevé. Une fois cette dette éliminée, transférez ce même montant vers la suivante.
Lorsque vos dettes coûteuses diminuent, votre capacité d’épargne augmente rapidement.
Utilisez les bons comptes au Canada
L’épargne ne signifie pas seulement laisser de l’argent dans un compte bancaire.
Pour les dépenses prévues à court terme ou un fonds d’urgence, un compte d’épargne à intérêt élevé peut convenir. L’argent demeure accessible et le risque est faible.
Pour les objectifs à long terme, le CELI et le REER sont deux outils très utiles.
Le CELI permet à vos placements de croître à l’abri de l’impôt. Les retraits sont généralement non imposables et les droits de cotisation retirés reviennent l’année suivante.
Le REER permet de réduire votre revenu imposable au moment de la cotisation. Il peut être particulièrement intéressant si votre revenu actuel est élevé et que vous prévoyez être imposé à un taux moindre à la retraite.
En général, l’argent nécessaire dans les prochaines années devrait rester dans des placements sécuritaires. L’argent destiné à la retraite ou à un objectif lointain peut être investi de façon plus diversifiée afin de profiter du potentiel de croissance à long terme.
Évitez l’inflation du style de vie
Lorsque le revenu augmente, les dépenses ont souvent tendance à augmenter elles aussi. Une hausse salariale peut rapidement se transformer en voiture plus chère, en logement plus coûteux ou en nouvelles dépenses mensuelles.
Il n’y a rien de mal à améliorer son confort. Le danger est de dépenser automatiquement chaque dollar supplémentaire.
Une bonne habitude consiste à partager toute augmentation de revenu. Par exemple, si vous recevez 100 $ de plus par mois, vous pourriez en consacrer une partie à votre qualité de vie et l’autre à l’épargne ou aux placements.
Ainsi, vous profitez de votre progrès sans sacrifier votre avenir financier.
Que faire si votre budget est déjà serré?
Lorsqu’il est difficile de payer les factures, épargner peut sembler impossible. Dans cette situation, il faut d’abord protéger l’essentiel : le logement, l’alimentation, les services nécessaires et les paiements minimums de vos dettes.
Ensuite, cherchez les gains les plus réalistes :
- réclamer les crédits et prestations auxquels vous avez droit;
- réduire les frais évitables;
- vendre des objets inutilisés;
- négocier certaines factures;
- chercher des heures supplémentaires ou une source de revenu complémentaire;
- demander de l’aide professionnelle si les dettes deviennent trop lourdes.
Même 10 $ par semaine peut aider à bâtir une habitude. L’objectif n’est pas de régler toute sa situation financière d’un coup, mais d’avancer dans la bonne direction.
Trois choses à faire cette semaine
Vous n’avez pas besoin d’attendre le prochain mois ou la prochaine année pour commencer.
Cette semaine, choisissez ces trois actions :
- Ouvrez ou identifiez un compte réservé à votre épargne.
- Programmez un virement automatique, même s’il est petit.
- Repérez une dépense récurrente à réduire, à annuler ou à remplacer.
Économiser n’est pas une course. C’est une série de petites décisions répétées. Chaque montant mis de côté vous donne un peu plus de sécurité, de liberté et de possibilités pour la suite.
