Retourner vivre en Algérie à la retraite : que deviennent le RRQ, le RREGOP et les autres revenus?

Nous avons reçu une question d’une lectrice assidue, Biba, qui travaille dans une école auprès d’élèves en situation de handicap. Après une vie de travail au Québec, elle pense à la retraite et envisage de retourner vivre en Algérie, près de sa famille. Sa question est celle de beaucoup de futurs retraités : en quittant le Québec, est-ce qu’on perd ses rentes?

La réponse la plus importante est rassurante : non, partir vivre en Algérie ne fait pas perdre automatiquement le RRQ ni le RREGOP. En revanche, il faut faire attention à trois choses : le moment choisi pour demander certaines rentes, la Sécurité de la vieillesse, et l’impôt comme non-résidente.

Le RRQ suit en principe Biba à l’étranger. Retraite Québec indique qu’une personne qui s’établit à l’étranger de façon permanente peut recevoir sa rente du RRQ, calculée selon les cotisations versées pendant sa vie active au Québec. Autrement dit, ce droit ne disparaît pas parce qu’on change de pays.

Le RREGOP suit la même logique. C’est une rente de retraite acquise au fil des années de service. Retraite Québec explique que la rente de base est calculée à partir des années de service reconnues et du salaire admissible moyen. Là encore, un déménagement en Algérie n’annule pas la rente.

Là où il faut réfléchir davantage, c’est au moment où Biba demandera sa rente du RRQ. Elle peut la demander avant 65 ans, mais le montant sera alors réduit à vie. En attendant 65 ans, elle a droit à sa rente complète. Si elle choisit de retarder sa demande après 65 ans, sa rente augmente de 0,7 % par mois (8,4 % par année), jusqu’à un maximum à 72 ans. C’est donc un choix important qui a un impact direct sur son revenu à long terme.

Pour le RREGOP, le montant de la rente dépend directement de la carrière. Retraite Québec indique que la rente est calculée principalement selon le nombre d’années de service reconnues et le salaire moyen des meilleures années. Pour recevoir sa rente sans réduction, il faut généralement remplir l’un des critères suivants : avoir 61 ans, ou 35 années de service, ou encore atteindre le facteur 90 (âge + années de service). Autrement dit, plus Biba accumule d’années de service et plus son salaire est élevé en fin de carrière, plus sa rente sera importante.

Dans le cas de Biba, il y a un autre élément favorable : elle a 20 ans au Québec. C’est important pour la Sécurité de la vieillesse (SV), car le gouvernement du Canada indique qu’en règle générale, il faut avoir résidé au Canada pendant 20 ans pour recevoir la SV à l’extérieur du pays. Ce point est donc beaucoup plus rassurant pour elle que pour une personne qui aurait vécu ici moins longtemps.

En revanche, le Supplément de revenu garanti (SRG) est beaucoup moins sûr lorsqu’on part vivre à l’étranger. Le gouvernement du Canada indique que les paiements de la SV et du SRG peuvent cesser si la personne est absente du Canada pendant plus de 6 mois et n’est pas admissible à les recevoir à l’extérieur du pays. En pratique, il ne faut donc pas bâtir un budget de retraite en Algérie en supposant automatiquement que le SRG suivra.

Il faut aussi parler d’impôt. Une personne qui devient non-résidente du Canada peut continuer à recevoir certaines rentes canadiennes, mais pas forcément avec le même montant net. Le Canada indique que, pour les non-résidents, la retenue d’impôt sur la SV et sur les pensions du RPC ou du RRQ est souvent de 25 %, sauf exception. Pour une retraite à l’étranger, la vraie question n’est donc pas seulement “est-ce que je garde ma rente?”, mais aussi “combien me restera-t-il réellement chaque mois?”.

Pour certaines pensions, comme le RREGOP, il peut exister un traitement fiscal plus favorable selon la convention fiscale applicable. C’est là qu’entre en jeu le formulaire NR5. En termes simples, le NR5 est une demande envoyée à l’Agence du revenu du Canada pour faire réduire à l’avance la retenue d’impôt sur certains paiements versés à un non-résident. Sans autorisation, le payeur retient souvent le taux standard. Avec l’approbation de l’ARC, la retenue peut être ajustée selon la situation réelle de la personne.

En résumé, le projet de Biba est tout à fait réaliste. Elle ne perd pas automatiquement son RRQ. Elle ne perd pas automatiquement son RREGOP. Comme elle a 20 ans au Québec, la question de la SV est plus favorable dans son cas. Mais avant de décider, elle doit faire deux calculs essentiels : à quel âge demander le RRQ et à quelle date prendre sa retraite du RREGOP, parce que ces choix ont un effet direct et permanent sur le montant reçu.


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